Les sublimes îles du nord : Du 6 au 16 mai (Bodø > Andenes)

16 mai 2019 1 Par L'Envol à Vélo

Une histoire de dates

Bien que nous ayons une totale liberté pour avancer comme on le souhaite, notre périple est tout de même rythmé par certaines dates :

Pour la Norvège nous n’avions qu’un jalon « au plus tôt ». En effet, nous voulions aller aux îles Lofotens depuis Bodo, rejoindre Andoya (qui nous avait été conseillé par on ne sait plus qui.. Si cette personne se reconnait qu’elle se manifeste ! 🙂 ), puis prendre le ferry depuis Andenes pour aller sur l’île de Senja. Sauf que la liaison entre Andenes et Senja n’ouvrait que le 15 mai cette année, donc ça ne servait à rien d’aller trop vite !

Durant ces dix jours, des nouveaux jalons ont été définis pour la suite de notre voyage. En effet, nous avons déposés nos demandes de visas pour la Russie (bye bye Schengen.. sniff) et avons donc défini notre date d’entrée (après de multiples calculs hautement scientifiques !) : Nous y entrerons le 14 juillet !

Les parents d’Antoine nous rejoindrons un peu avant à Tallin, et les parents de Noëmi un peu après à Saint-Petersbourg et Moscou.

Les îles Lofotens

Départ de Bodo

Sur le ferry, nous croisons un autre cyclo, franc-comtois ! Il est parti depuis 30 jours (environ) seulement depuis la France, et carbure à une moyenne de 150 km par jour… Nous ne nous suivrons pas ! 🙂

Nous bivouaquons à l’arrivée du ferry, avec le reflet des montagnes de Bodo au coucher du soleil :

Le lendemain nous commençons par la randonnée « classique » des lofotens : Reinebringen. Une heure de montée pour nous offrir un panorama exceptionnel sur Reine. Nous y croisons également un couple de Français !

Puis nous reprenons gentiment la route vers le nord, sans se presser, accompagnés par une forte odeur de poisson ! Nous avions découvert le Torrfisk avec Torbjorn et sa famille, spécialité Norvégienne à partir de poisson séché (cabillaud), puis réhydraté. Nous croisons ici régulièrement des séchoirs qui sont présents tout au long de la route.

Malheureusement, nous sentons que nous arrivons dans une zone touristique. Bien que la loi Norvégienne nous autorise à camper partout, les panneaux « no camping » fleurissent.. Contradiction.

D’un autre côté, nous pouvons comprendre les restrictions qui se mettent en place. Nous ne sommes que début mai, et nous croisons déjà pas mal de touristes dans cette zone très escarpée et offrant peu d’espaces libres. En tout cas, nous sommes contents d’y être hors saison 🙂

Nous trouvons tout de même un coin tranquille pour placer la tente, puis nous enchaînons avec la visite (et détours) des plages d’Hauckland et Utakleiv :

On est quand même pas mal

Cabin

Une grande majorité des Norvégiens que nous croisons possèdent une « cabin ». C’est une maison/cabane secondaire/de vacances, dans la nature (en bord de mer ou à la montagne).
La majorité des Norvégiens habitent en ville et, dès qu’ils en ont l’opportunité, en profitent pour sortir profiter de la nature, notamment en allant dans ces cabins.

Pourquoi on parle de ça ?
Souvenez-vous : nous avions rencontré Stein et Grethe après quelques jours en Norvège (article ici), ils nous avaient hébergé justement dans leur « cabin » à Ana Sira.

Nous leurs avions parlé de notre itinéraire et de notre passage prévu aux Lofotens. Il se trouve que le frère de Stein possède également une « cabin » sur ces îles, et il avait émis l’idée que nous puissions en profiter ! Nous nous en nous souvenons, et recontactons Stein quelques jours avant de prendre le ferry, son frère est d’accord pour que nous puissions l’utiliser !

Stein nous donne donc les indications pour accéder à ce fantastique lieu à Ballstad, avec une vue…

Nous y passons 2 jours, avec comme voisins, des français !

Nous en profitons pour grimper la montagne d’à côté qui nous offre un panorama de folie :

Nous repartons le lendemain matin… euh midi, direction la montagne d’Hoven, d’où nous espérons décoller ! Petit bivouac, bien entouré, au pied du sommet, vers Gimsoya.


Finalement, il y aura trop de vent pour voler, mais nous découvrons un point de vue fantastique, avec des nuances indescriptibles de bleue dans l’eau.


En repartant et juste après la plus grosse « ville » des Lofotens, Svolvaer, nous passons les 4000 km (Déjà!) !

Francophonie

Comme vous l’avez remarqué, nous croisons pas mal de compatriotes depuis notre arrivée sur les îles. Nous ne sommes donc plus étonnés quand, sur une aire de repos de la route principale, Michel sort de son camping car allemand et vient nous voir : « Bonjour! J’ai une question pour vous, mais comment vous les passez les tunnels en vélo ? ». C’est vrai qu’il y’en a beaucoup dans les Lofotens et qu’on ne fait pas toujours les fiers, mais ça passe.

Nous discutons un peu avec ce franco allemand puis allons poser la tente juste à côté de l’aire, en face d’un.. camping car français!

A la vue de notre drapeau, intrigués, Marie et Christian viennent nous voir et nous entamons une nouvelle discussion en français.

Une fois la tente installée et le repas rapidement englouti, Christian nous propose de venir manger avec eux. Mauvais timing, dommage ! C’est ensuite Michel qui vient nous voir pour nous proposer de venir boire un verre au chaud dans leur camping car : vendu !
Il invite Christian et Marie par la même occasion et nous nous retrouvons ainsi entre français autour d’un bon verre de vin.

Le lendemain, comme les prévisions l’avaient annoncé, nous avons le droit à un temps chaotique : froid, pluie et vent à 50km/h. Nous nous levons, plions la tente et regrettons aussitôt d’être sortis de nos duvets…
Nous n’avons pas la foi de nous battre contre le vent pour préparer notre café avec le réchaud et allons toquer au camping car de Michel pour lui demander s’il peut nous faire bouillir de l’eau.


Il accepte et nous invite à l’intérieur pour prendre notre café. Nous ne sortirons du camping car que 14h plus tard! 😀
Traquenard salvateur…

Avec ce temps ils n’avaient pas prévu de bouger, ainsi nous restons toute la journée au chaud en leur compagnie avec Christa, sa femme. Il nous cuisine un magnifique cabillaud qu’il a pêché 2 jours plus tôt, accompagné de l’un des meilleurs vins que nous n’ayons jamais bus… Grand cru de graves de 1986…

Ayant travaillé dans la gastronomie, il lui reste quelques 3000 bouteilles dans sa cave, et nous en fait profiter.

Christian et Marie, qui n’ont pas bougé non plus par ce temps, nous rejoignent et nous passons l’après midi confiné tous les 6, à discuter et débattre de sujets variés ! Petit retour en France le temps d’une journée 🙂

On était bien mieux au chaud !

Andoya

Nous reprenons la route entre soleil et pluie, avec le vent dans le dos ce qui nous permet d’avancer facilement. Nous sortons des Lofotens en direction de l’île d’Andoya.

Nous y arrivons après 2 jours de décors fabuleux (on pourrait rester dans le coin des années avant d’avoir tout vu…). Nous campons au pied d’une montagne qui faisait de l’œil à Antoine.

Comme le soleil ne se couche presque plus (depuis quelques semaines, il fait à peine sombre à une heure du matin, nous sommes bien contents d’avoir des masques pour dormir !), ça nous laisse le temps d’occuper copieusement nos journées! Ainsi nous posons la tente, mangeons et à 20h, Antoine se lance dans l’ascension de la montagne avec sa voile sur le dos. Bien qu’il ne fasse toujours pas très beau, le soleil est censé arriver et le vent faiblir après 21h… Pari gagnant, et décollage réussi !

Du bonheur

Nous repartons le jour d’après, en longeant la côte ouest de cette île, qui est un pur bonheur. On remercie la personne qui nous a conseillé ce coin, c’est fantastique ! Pour parfaire le tout nous sommes en très bonne compagnie, avec des aigles de taille imposantes !

Nous sommes enfin accueillis en fin d’après midi à Andenes par Peder, Norvégien qui parle français ! Décidément 🙂

Demain, grand jour en Norvège : le 17 mai est la fête nationale. Nous profiterons des festivités en compagnie de notre hôte, avant de prendre le ferry vers l’île de Senja, qui s’annonce tout aussi fabuleuse !