Aux alentours du Baïkal : Du 29 juillet au 7 août (Irkutsk > Irkutsk :-) )

7 août 2019 6 Par L'Envol à Vélo

Nouveau visa, nouvelles contraintes !

Nous sommes donc arrivés à Irkutsk, chez nos hôtes Katia, Jan et Margot, leur fille, où nous avions prévu de rester 2 jours, voire un peu plus, pour faire notre visa chinois ! (ah ah ah…)
(Pour ceux qui sont également intéressés de faire ce visa, vous trouverez pleins d’infos ici : https://www.tourdumondiste.com/visas-chine )


Pourquoi Irkustk ?

Nous ne pouvions pas le faire faire en France comme les visas Russes et Mongols, car le délai de validité est de 3 mois.
Nous avions prévu d’aller le faire à Oulan Bator mais des voyageurs et un Warmshower local nous ont clairement déconseillé de le faire à cette période. En août, beaucoup de mongols font leur visa pour leurs études en chine, et les étrangers ne passent qu’après (et c’est déjà la galère en temps normal).

Aussi, nous restions trop peu de temps à Saint Petersburg et Moscou pour le faire à ces endroits.

L’ambassade à Irkutsk n’est ouverte que 3 matinées par semaine, dont le lundi matin. Nous voici à 9h pétante dans le bâtiment. Un peu de queue mais rien de méchant, nous accédons au guichet avec nos dossiers, pleins d’espoirs !

Ces espoirs sont vite douchés car il nous manque une pièce à notre dossier : l’enregistrement dans la ville d’Irkutsk, qui n’est aucunement mentionné sur leur site (tout comme l’assurance et l’attestation de fonds).
Cet enregistrement est normalement fait par l’hôtel dans lequel vous résidez, et est obligatoire si vous restez plus de 7 jours à un même endroit. Si vous bougez, un billet de train peu faire l’affaire, pour les autorités russes (pas pour les chinoises..)

Petit problème pour nous car étant hébergés chez l’habitant, on n’en a pas !
On va donc voir un premier hôtel, pour leur demander de nous faire un faux, contre rémunération : Refus.
On tente notre chance dans un Hostel (auberge de jeunesse), et ils sont OK pour nous faire l’enregistrement si on paye la totalité de la nuit, soit 900 roubles pour deux (un peu plus de dix euros). Le prix étant raisonnable, on prend.

Problème : il est déjà tard, il leur faut du temps pour faire la démarche, et l’ambassade ferme à midi. Nous retenterons notre chance mercredi matin.

Crise écologique en Sibérie

Nous faisons part de ces péripéties à nos hôtes et Katia, qui avait prévu d’aller vers le Baïkal avec une amie, nous propose de se joindre à elle !


A la base, elles avaient prévu d’aller faire une randonnée itinérante autour du lac, mais la météo n’étant vraiment pas de leur côté, elles ont dû annuler. En effet, des pluies diluviennes sur plusieurs jours ont créé des inondations aux alentours du lacs. Une partie de la ville de Baikalsk, où nous avions prévu de passer, est en cours d’évacuation.

En parallèle, d’énormes feux de forêts font rage dans le nord de la Sibérie, et ce mardi, à cause d’un vent du nord, toute la région se retrouve dans une fumée épaisse.

La Sibérie se réchauffe deux fois plus vite que le reste du globe, et les conséquences se font déjà sentir. Ces conséquences sont également des causes : ces feux de forêts important rejettent un CO2 monstrueux, accélérant le réchauffement, donc les feux de forêts, et ainsi de suite, créant un emballement climatique.

De plus, dans le nord de la Sibérie se trouve le permafrost, qui est touché également : https://www.letemps.ch/monde/siberie-fin-permafrost

Bref l’environnement est gravement touché dans cette région, et le gouvernement russe a mis beaucoup (trop?) de temps à passer à l’action car il n’y avait pas un risque direct pour l’économie et les populations, et ce n’était pas « viable » d’intervenir…


Listvianka et le Baïkal


Bref, c’est dans cette ambiance un peu spéciale que nous découvrons le lac à Listvianka avec Margot, Alicia et Katia. Comme nous ne voyons pas à 500 mètres, nous allons visiter le musée du lac qui s’avère bien intéressant (merci google traduction).

Le Baïkal est la plus grande réserve d’eau potable au monde, non pas qu’il soit le plus grand, mais le plus profond.

Profondeur du lac : 1642m


Ce lac est recouvert de glace la majorité de l’année, et des routes sont ouvertes pour le traverser en voiture (ou en vélo comme certains l’ont déjà fait!).

Nous prendrons ensuite un télésiège pour aller sur la colline avoisinante, d’où nous voyons.. pas grand chose ! Un chinois nous demande d’ailleurs « il est où le Baïkal ?!? ».


Nous redescendrons pour traverser la rivière en bateau, direction port baïkal, où nous passerons la nuit.
Première nuit payée du voyage d’ailleurs ! Mais les tarifs locaux sont raisonnables (14 euros la nuit pour 2 personnes).


Visa chinois : 2ème épisode

Nous reprenons un bateau + un bus, à 6h30, pour rejoindre Irkutsk afin d’être à l’heure à l’ambassade.
Nous représentons les documents, en croisant fort les doigts..
Bonne nouvelle = le dossier est complet et ils l’acceptent
Mauvaise nouvelle = contrairement à ce qui est écrit sur leur site, il n’y a pas de service express, et nos visas seront disponibles le mercredi d’après, soit 6 jours avant la fin de validité de notre visa…
Bonne nouvelle de la mauvaise nouvelle = pas d’express donc le visa est bien moins cher. Nous payons 4080 roubles pour deux, soit 60 euros. En le faisant en France on aurait payé 5 fois ce prix !

Bref nous réfléchissons mais il est certains que nous n’allons pas rester 10 jours chez nos hôtes (les pauvres…). Nous pensons d’abord reprendre les vélos, pédaler jusqu’à Oulan Ude et que l’un de nous fasse l’aller retour en train à Irkutsk pour aller chercher nos passeports… sauf que nous apprenons qu’il est impossible de prendre le train sans passeport !

Nous changeons donc notre fusil d’épaule. Nous irons marcher et prendre l’air sur l’île d’Olkhon. Celle-ci se situe à 6h de bus, au beau milieu du Baïkal.


Et irkutsk dans tout ça ?


Oui pardon, c’est vrai qu’on a visité un peu mais avec la tête ailleurs. La ville est très intéressante même si la grisaille des premiers jours ne nous permet pas d’en profiter pleinement.
Il y a encore beaucoup de maisons en bois dans le centre, ce qui donne un certains charme.
(désolé on aura pas pris beaucoup de photos!)



Rencontres à Olkhon


A l’office de tourisme, qui est d’ailleurs au top (personnel souriant et aidant, photocopies et impressions gratuites, thé à disposition…), nous rencontrons deux français : Nicolas et Thanina.
Ils font un voyage de 5 semaines entre Moscou et Pékin, via le transsibérien.
Eux aussi sont également « bloqués » quelques jours, car leur passeport est à l’ambassade mongole. Ils ont également prévu d’aller sur Olkhon et on s’y donne rendez vous !

Nous faisons part de notre plan à nos hôtes, qui sont d’accord de garder nos vélos et affaires une semaine de plus (un grand merci !). D’ailleurs l’excursion tente Katia et elle nous y rejoindra peut être.

Voulant emmener nos parapentes mais n’ayant pas beaucoup de place dans nos sacs, nous décidons de partir en ultra léger, pour 3 à 4 jours sur place :
Une tente, un duvet pour deux, deux parapentes, de la bouffe et de l’eau. Point.

Dans le bus le long du Baïkal


Dès notre arrivée à Khoujir, ville principale très touristique, nous partons en direction du sud de l’île où nous pourrons potentiellement voler. Sauf que nous rencontrons un petit problème sur cette île :


Il semblerait qu’on ne puisse pas circuler librement ! Personne ne nous avait mis au courant et on se retrouve un peu décontenancés : on y va ? on n’y va pas ?
Nous décidons de ne pas jouer et de respecter les règles, et rebroussons chemin. On se dit qu’on va rejoindre Nicolas et Thanina à 20 km au nord de Khoujir. Ils sont partis à pied à midi, et ayant du retard, on va mixer entre marche et stop (pistes bien défoncées, seulement accessible en 4×4).

Nous arrivons vers le point de rendez vous que l’on s’était donné avant (plus de réseau en dehors de Khoujir), en stop, et nous nous retrouvons face à une barrière et 4 gardes. Ils discutent en russe avec nos conducteurs, à propos de la fameuse « permission ».
Eux non plus ne sont pas au courant : demi tour, retour à Khoujir!

Arrivés au bureau, on nous dit qu’on ne pourra pas l’avoir en tant qu’étranger, mais qu’il est autorisé de camper tout le long de la côte (soit là où on avait prévu d’aller) mais pas en forêt… Bref les règles et les limites de ce parc national ne sont pas du tout bien défini. On n’arrive pas à avoir un état des lieux clair…

Un peu dépités, de retour en ville dans la soirée, nous décidons de retourner au point de rendez vous, en retentant notre chance en stop !
Une voiture nous dépasse puis (on le saura par la suite), en voyant que l’on sourit se dit « ce ne sont pas des russes ». Ils font demi tour pour nous prendre !
Ils s’arrêtent manger au café et nous proposent de se joindre à eux. Tant pis pour nos compatriotes, on les retrouvera plus tard.

Danil et Dashia nous offrent le restaurant, nous font découvrir les spécialités bouriates (ethnie de la région russe Bouriatie) et on va caler notre tente à côté de la leur, dans un coin sympa. Au fil des discussions, nous apprenons qu’ils ont prévu de rentrer le lundi sur Irkutsk, et ils nous proposent de nous ramener, royal !

Nos sacs à dos avant de monter la tente
Petite douceur
Danil et Dashia


Nous nous séparerons le samedi pour nous balader gentiment autour de Khoujir, où nous profiterons aussi (surtout 🙂 ) des plages. Katia nous rejoindra dans la soirée.


Le dimanche matin, nous aurons le droit à un rassemblement de chaman. Il a lieu tous les ans sur cette île sacrée.


Le chamanisme est une religion très présente dans la région. Très peu répandue en Europe, nous avons du mal à cerner la cérémonie.
On nous a dit par la suite qu’ils se regroupaient chaque année pour défendre ensemble une cause et cette année leur cérémonie avait pour but qu’il pleuve en Sibérie, pour éteindre les feux de forêts.

Dans l’après midi, Antoine fera un mini vol dans la steppe. Les montagnes ne sont pas très pentues et le parapente n’est pas si évident que ça. Enfin ça pourrait faire de très belles pentes écoles !


Le dimanche soir, nous nous retrouvons à 7 à la même table, avec Katia, Danil et Dashia, Nicolas et Thanina.

Bière et buuz : spécialitée Buriate, farce dans de la soupe dans une pâte type ravioli


Le lendemain nous profitons une dernière fois des plages du baïkal. Katia sera la seule courageuse à oser se baigner! Nous prenons la route vers 17h. Danil passe par les routes secondaires et nous fait découvrir une autre facette de l’île. Nous arrivons 1h plus tard au port et découvrons une colonne de voiture gigantesque pour prendre le ferry. Nous attendrons finalement 5h avant de pouvoir redémarrer de l’autre côté! Nous rentrerons au beau milieu de la nuit et sommes contents que Katia ai pu rentrer avec nous pour ne pas à avoir à réveiller toute la maison à 2h du matin!

Routes secondaires d’Olkhon


Visa chinois, suite et fin

Nous avons le mardi pour nous remettre à neuf après ces quelques jours sur Olkhon. Le temps d’une lessive, de planifier un peu plus clairement notre itinéraire, nous voici arrivés au lendemain.

Nous nous dirigeons pour la troisième fois vers l’ambassade de Chine. Notre trajet est rodé, plus besoin de google maps, on sait où descendre du bus et la route à emprunter. Nous arrivons tout de même avec une petite boule au ventre, passons les contrôles de sécurité et arrivons aux guichets. Les représentants de l’ambassade nous reconnaissent, et nous montrent le guichet auquel on doit aller. Le premier guichet vérifie simplement qu’on a bien payé, nous donne un nouveau papier et nous nous dirigeons vers notre dernier guichet. Dernier petit coup de stress quand on voit la personne en face de nous froncer les sourcils en prenant nos passeports et poser une question à ses collègues. Mais non, tout va bien, nous recevons enfin nos visas chinois!

Nos graals Irkoustkiens!

Nous rentrons donc le cœur léger chez nos hôtes afin de tout finir d’empaqueter pour aller prendre notre train. Demain nous serons sur nos vélos! 😀