Transitions : Du 15 au 26 avril (Molde > Forvik)

27 avril 2019 2 Par L'Envol à Vélo

Comme à la maison

Comme il est difficile de quitter Unn et Geirn… Nous avons été accueillis comme si nous étions les neveux Français qui étions de visite. Nous y avons passé un moment vraiment agréable pendant lequel nous avons eu le sentiment de retrouver un chez nous provisoire.

Nous nous consolons ce soir là en nous arrêtant tôt et au soleil. Nous nous offrons un apéro et jouons au Yams pour nous changer un peu les idées. Nous avons en effet apporté dans nos bagages 5 dés et un jeu de carte, ce qui peut être utile. 🙂

Il y a pire comme table de jeu


Le lendemain nous nous faisons une nouvelle fois avoir, la jolie route que nous avions prévue de prendre est une piste de ski de fond. Nous ne nous y aventurons pas cette fois ci !

Bon baah, ça passe pas hein !
Tant pis, la descente valait le coup


Changement de décor

Nous reprenons la route ensuite, toujours sous le soleil, mais dans des paysages différents.
En effet, durant cette dizaine de jours nous allons passer du « sud » de la Norvège, à sa partie nord. Nous allons également changer totalement de décor.

Nous quittons malheureusement la pure beauté de cette partie de la Norvège pour retrouver (nous l’espérons), une beauté différente sur la route touristique Helgelandskysten, qui fait partie des « Scenic Routes » Norvégiennes.
Toutes ces routes sont répertoriées sur ce site, pour ceux qui projetteraient d’aller faire un tour dans le nord :https://www.nasjonaleturistveger.no/en/routes

Entre les deux, c’est toujours joli, mais le paysage est moins exceptionnel et les montagnes s’aplanissent un peu. Cela ne nous empêche pas d’effectuer des journées avec des dénivelés importants, tout en restant entre 0 et 100m.. Ça monte, ça descend, ça monte, ça descend…
De plus, la neige se fait un peu plus rare, car les sommets sont moins hauts et nous sommes plus proches de la mer (le Gulfstream réchauffe les côtes).

Quelques images en vrac de ces 10 jours :

A noter aussi que nous sommes dans des zones rurales aux premières chaleurs… Des déversements réguliers de purin ravissent notre odorat !

Triste 3000

Nous passons le 3000 eme km entre Molde et Trondheim, en un jour très particulier. Antoine a appris le matin même qu’il avait perdu son grand père paternel. Bien que nous pédalions, nos pensées quittent le voyage et se rapprochent de nos familles, durant les quelques jours qui suivent.

Nous arrivons donc à Trondheim, remplis de toutes ces pensées, où nous sommes accueillis par Allan. Nous prenons le temps de visiter la ville et tombons sous le charme de la cathédrale de Nidaros. Sa façade est très belle, et nous restons assis face à elle pour l’admirer, tout en ayant une pensée pour Notre Dame.


Ce jour de calme à Trondheim nous remet un peu sur pied. Nous repartons sous la pluie, grande première depuis début avril ! Nous ressortons donc nos vêtements étanches et repensons à nos premiers jours en Norvège, il y a déjà un mois maintenant.

Nous retrouvons gentiment le moral avec notre bivouac du soir :
Nous nous arrêtons dans un village et demandons de l’eau en milieu d’après midi. Nous demandons au couple qui remplit nos bouteilles si nous pouvons camper à côté du lac en bas de chez eux. Cela ne leur pose aucun problème et ils nous offrent même du chocolat (petit bonheur). Nous descendons nous installer et ils viennent nous voir en quad un peu plus tard pour nous apporter du bois sec pour que nous puissions faire un feu ce soir.

Oui ça reste un feu, mais Noëmi était très fière de sa préparation !

C’est de cette bienveillance et de cette chaleur humaine dont nous avions besoin pour reprendre du poil de la bête ! A vrai dire celle-ci nous manque un peu aussi en Norvège. Nous avons certes fait de très belles rencontres, mais en général, nous avons du mal à percer la carapace de ses habitants, ce qui est parfois frustrant.

Le lendemain matin, nous laissons nos affaires sur place et partons en direction d’une montagne voisine. Nous y croisons quelques rennes sauvages, ce qui est un bonheur à chaque fois. Le vent est parfaitement orienté, nous voilà tous deux en l’air, sous nos voiles de parapente, pour aller rejoindre nos vélos !

Vue du décollage

Quelques jours après, nous rejoignons Namsos où nous sommes hébergés pour la soirée chez Silje, 24 ans, qui est l’heureuse propriétaire de cette grande maison à 2 étages. Nous parlons de ses projets de rénovations, qui avancent bien depuis un an. Nous partageons des wraps maison avec elle et cela nous donne de nouvelles idées repas du soir. Ce qui tombe à pic puisque nous commençons sérieusement à nous lasser du duo pâtes/sauce (ou riz, ou semoule) !


Bivouacs

Ces 10 jours de grand soleil nous permettent de profiter des bivouacs, et notamment d’agrémenter un peu la nourriture. On reste bien plus longtemps en dehors de la tente, l’ouverture lumineuse grandissant rapidement de jour en jour. Nous sommes mêmes passés au masques pour dormir, car les nuits commencent à être très claires !

Le temps de prendre le temps


Raccourci

Comme vous l’avez déjà compris, les routes toutes tracées, on n’aime pas bien ça… Et puis les panneaux sur la route nous mettaient l’eau à la bouche, nous affichant un joli chemin de randonnée balisé. Alors on s’est dit qu’on allait se trouver un bivouac au milieu des bois pour voir des rennes et autres animaux ! C’est l’occasion! On se lance, le chemin devient vite un chemin de VTT mais on arrive à pédaler et puis on arrive dans la « savane ». Et tout d’un coup la savane devient marécage… Mais nous nous sommes déjà bien engagés et ne voulons pas faire demi-tour, donc on continue et on fait bien. La vue du plateau est vraiment sympa, et il y a un abri sur lequel nous pouvons installer notre campement!

Planches de bois pour éviter de marcher dans le marécage
A l’affût pour voir des rennes, qu’on ne verra pas… 🙁

Le lendemain nous repartons cap sur notre chemin marécageux, nous n’avions pas très bien regardé les courbes de niveaux et on se retrouve embarqué dans une sacrée galère… On doit monter 100m de denivelé en poussant les vélos puis, lorsqu’il faut redescendre, le chemin devient du sentier de randonnée et n’est plus aussi bien balisé. On se retrouve obligé d’enlever les sacoches et de se passer les vélos pour passer une mini falaise. Nous passons la matinée à sortir de notre raccourci… Oui, il ne devrait plus vraiment porter ce nom mais bon… Nous sommes fatigués et n’avons plus une goutte d’eau.

C’est ainsi que lorsque l’on voit un homme devant son garage, on ne se pose pas 15 questions et on lui demande de l’eau. L’homme nous invite gentiment à recharger nos bouteilles et nous propose un café, ce que nous acceptons avec joie après nos péripéties de la matinée!
Pendant que le café coule il nous fait visiter son atelier. Nous sommes donc si gentiment accueillis par le gérant des pompes funèbres de Kolvereid !

Cela est très troublant car les funérailles du grand père d’Antoine ont lieu le jour même… Drôle de sensation…

Ce monsieur très gentil est l’un des premier Norvégien que nous croisons qui ne parle pas Anglais, mais nous réussissons quand même à échanger (merci Internet..). Lorsqu’il comprend que nous partons pour un tour du monde, il appelle un journaliste du journal local et nous fait patienter en attendant son arrivée.

Nous avons ainsi le droit à café et chocolat chaud, le tout accompagnés de petits biscuits. Le journaliste arrive, et nous commençons l’interview, en Anglais! Notre hôte éphémère en profite pour aller nous chercher un drapeau de la Norvège grand format, que nous arborons sur nos vélos pour reprendre la route ensuite.

Scenic Route

Nous rejoignons cette fameuse route le 26 Avril. Sera-t-elle à la hauteur de nos espérances ?

Nous y voilà
1er ferry d’une longue série : Il y en aura 7 à prendre pour rejoindre Bodo, pour traverser des bras de mer et fjords.
De retour sur la côte !