De retour sur nos traces (1) : 28 Fév. au 4 Mars (Brême > Flensburg)

5 mars 2019 3 Par L'Envol à Vélo

Notre mois de février estival prend fin, avec le début du mois de mars et les nuages qui reviennent. Nous nous rendons dans Brême sous la grisaille. Nous y découvrons la Rathaus (hôtel de ville) avec une superbe façade très décorée. Nous visitons la cathédrale (bâtiment avec les deux tours) située juste à côté et son intérieur qui est entièrement rénové et très lumineux! Nous passons également forcément à côté de la statue des « Die Bremer Stadtmusikanten », symbole de la ville.

Le centre de Brême est tout de même relativement petit et nous rentrons en passant par le quartier de Schnoor. Ce quartier est surprenant, c’est un dédale de ruelles minuscules, les livraisons s’y font à pied. Les maisons y sont multicolores. Nous découvrons des détails de décoration à chaque coin de rue et nous avons plaisir à nous y perdre, puis nous rentrons au chaud chez Jochen.


Le lendemain nous repartons avec la fraîcheur de l’hiver qui revient. Les paysages commencent doucement à changer, avec quelques petites collines qui apparaissent (pour le plus grand bonheur d’Antoine).

Le soir arrivant, nous nous arrêtons dans un village pour demander de l’eau en prévision de notre nuit sous tente. Nous croisons un couple qui se promène, nous leur demandons s’ils habitent à côté et s’ils pourraient remplir nos bouteilles. Etant paniqués à l’idée qu’on puisse camper par ce temps là, ils nous convient chez eux pour une bonne douche chaude et un beau matelas.

Nous passons la soirée en Allemand avec Anke et Arnold. Nous nous accrochons avec nos faibles niveaux, mais pouvons tout de même nous comprendre. Cela est quand même frustrant car nous ne pouvons pas vraiment approfondir les conversations.
Nous passons malgré tout une très bonne soirée, Anke et Arnold prennent soin d’accompagner leurs propos de gestes qui nous aide à les comprendre.

Arnold und Anke

Le lendemain nous arrivons rapidement sur le bord de l’Elbe, que nous ne pouvons traverser qu’en ferry. Il nous débarque à Glückstadt, où nous retrouvons la trace de notre premier périple il y a 5 ans.

Environ 10 km après Glückstadt nous passons la barre symbolique des 1 000 km ! 🙂

Traversée de l’Elbe

Piste cyclable le long du canal de Kiel


Aujourd’hui, nous avons un objectif, arriver avant la nuit à Tetenhusen.

Il y a 5 ans, nous y avions vécu une rencontre qui nous a profondément marquée et touchée. Dagmar et Siegfried nous avaient ouvert la porte de leur maison et de leur vie. Nous avions au début simplement demandé de l’eau en milieu d’après-midi à Dagmar qui jardinait, après l’eau ils nous avaient offert un goûter royal, puis un repas fabuleux et une nuit au sec. Nous avions passé l’après-midi et la soirée à parler voyage à vélo, camping, simplicité des petits plaisirs du quotidien. Ils nous avaient beaucoup marqué car, malgré leur âge, ils étaient un jeune couple rempli d’amour et de tendresse l’un pour l’autre.
Le lendemain matin, devant une météo peu commode et notre impératif d’arriver à Hambourg (environ 100km) le soir même, ils avaient pris la décision de nous conduire, nous et nos vélos, à Glückstadt où nous avions retrouvé le soleil. Siegfried ayant des problèmes aux jambes, nous avions conscience de la fatigue que cela pouvait engendrer de conduire ces 100 km juste pour nous. Le plus frappant de l’histoire restant leurs émotions lorsque nous avons fini par nous dire au-revoir. Ils nous ont remerciés de nous être arrêté chez eux. Nous avions été retournés par cette déclaration! Ils nous avaient tout offert, donné sans rien attendre en retour et nous remerciaient. Grâce à eux, nous avons grandis ce jour là.


Cela fait donc 5 ans que nous leur avons dit au revoir. Nous avons eu un échange en leur souhaitant une bonne année en 2015, mais depuis, plus de nouvelles. Nous avons tenté de leur envoyer un message pour annoncer notre venue, mais nous n’avons pas eu de retour. Ainsi toute la journée nous avons cogités. Nous ne savions pas ce qu’ils étaient devenus… Habitaient-ils toujours au même endroit? Étaient-ils en bonne santé? Noëmi a beaucoup douté sur cette journée… La peur d’abîmer un si bon souvenir d’eux.

17h30, après avoir repéré un lieu de bivouac, si besoin, nous retrouvons la maison. La caravane est toujours dans le garage, les décorations avec les petites maisons pour les oiseaux sont toujours là, sur la boite aux lettres nous voyons Dagmar et Siegfried. Première bonne nouvelle, ils habitent toujours là.

Nous prenons alors notre courage à quatre mains et sonnons. Une femme inconnue nous ouvre la porte. Premier moment de doute… Antoine demande si Dagmar et Siegfried sont là. Dagmar finit par descendre les escaliers et apparaître. Quel soulagement! Elle ne nous reconnait pas tout de suite, et lorsqu’elle comprend qui nous sommes nous voyons son regard changer du tout au tout.

Tout d’un coup tout s’accélère, elle nous dit de mettre nos vélos à l’abris et de rentrer! Et heureux hasard, aujourd’hui ils fêtent les 80 ans de Siegfried.
Nous voilà un peu déconcertés : nous voulions les revoir, mais ne souhaitons pas nous imposer!
Tant de choses positives se sont déroulées pour eux depuis notre dernière rencontre : Ils se sont mariés cet hiver après 12 ans de vie commune. Ils nous rappellent qu’il n’y a pas d’âge pour l’amour et que à presque 80 ans pour Siegfried, on peut encore se marier!
Les 80 ans de Siegfried sont une occasion pour nous de rencontrer leur famille, les 2 soeurs de Dagmar sont présentes et on sent leur complicité toujours présente, la fille de Dagmar et une de ses petites filles sont aussi présentes. Les conversations vont bon train et nous remplissons nos batteries de bonheur.

Nous n’avons pas grand chose que nous pouvons offrir dans nos sacoches, mais nous avons la même idée : la plume de paon.
Cette plume nous a été offerte par Sophie et Romain, qui, comme eux, nous ont ouvert leur porte. La plume est reçue avec plaisir par Siegfried et a rapidement trouvé une place de choix dans le salon.


Nous profitons de chaque minute passée avec eux, mais devons repartir le lendemain midi car les prévisions météo ne sont pas bonnes et les fenêtres pour rouler sans la pluie sont rares.
Nous repartons après moultes « Danke » venant des deux côtés. Cette fois-ci nous serons vigilant à garder contact et nous leurs avons promis de leur envoyer des cartes postales par la suite du périple.

Nous repartons à midi, ce qui annonce une petite journée de vélo. Le paysage continu de changer, nous rencontrons quelques cotes, la piste cyclable passe sur des chemins forestiers et par des routes plus champêtres.


Et c’est le drame… Après moins de 20 jours de voyage… Nous entendons ce fameux Pchiiiit qui écorche les oreilles du cycliste… Nous subissons notre première crevaison! Changement de chambre à air sous quelques gouttes et c’est reparti : https://youtu.be/C07QNRQa3l4

1ère crevaison !

Nous nous rendons sur notre lieu de bivouac repéré la veille : Sankelmark See, où nous trouvons une petite cabane ouverte ! Pas dans le meilleur état du monde, mais un petit salon cosy accueillera nos deux duvets le temps d’une nuit, et nous évitera de monter la tente dans le vent et sous la pluie.

Cabane au 2ème plan

Nous prenons ensuite la pluie pour la 1ère fois du voyage, à Flensbourg, ce qui nous permet enfin de tester notre matos étanche, après 19 jours sans pluie. Il était temps ! 🙂
Nous savons que nous dormirons au chaud à Aabenraa, au Danemark, le soir, donc nous nous en amusons : https://youtu.be/TX9fKC_GYvw

Flensburg


Nous passons la frontière avec nos sacoches pleines de bouffe (et oui le Danemark c’est cool mais c’est cher), direction la maison de Bjarne et Charlotte, puis par la suite de Lisbeth et Soren. Ces 4 amis nous avaient hébergés successivement il y a 5 ans, nous avions gardé contact avec eux (ils étaient notamment passés sur Lyon il y a 2 ans).

Nous passons enfin la frontière Scandinave avec le Danemark, avec une météo de circonstance, et qui n’a pas prévu de s’améliorer la semaine à venir (bah oui, on reste quand même en mars au Danemark hein..).