Et c’est parti pour l’Asie ! Du 8 au 18 août (Irkutsk > Oulan Bator )

Et c’est parti pour l’Asie ! Du 8 au 18 août (Irkutsk > Oulan Bator )

22 août 2019 1 Par L'Envol à Vélo

Ça y est, on peut continuer à avancer sur notre périple !
Les dix jours d’attente nous forcent à prendre un dernier train, afin de respecter la durée de notre visa. Nous sommes maintenant rodés sur la question et sommes moins stressés de prendre le train Russe. Nous avons même la chance de trouver un hôte de wagon de notre âge qui parle Anglais et nous aide à monter les vélos. Il nous demande même si nous avons un site internet pour pouvoir suivre nos aventures car lui aussi aimerai voyager en vélo !

En attendant à la gare d’Irkutsk nous rencontrons également des dijonnais qui prennent le même train que nous. Ce sont des cyclos aussi mais pas pour ce voyage. Nous les perdons de vue lors de l’embarquement et ne les recroiserons finalement pas à notre arrivée à Oulan Oude… Nous en sommes désolés car ils nous ont bien aidé et nous n’avons pas pris le temps de nous dire au revoir, persuadés de nous retrouver dans le train…

Bref, nous sommes partis dans la soirée et arrivons à 5h du matin, tôt.. Très tôt… Et presque trop tôt pour trouver de quoi prendre un petit déjeuner, mais nous trouvons quand même !
Cela nous permet d’attendre l’ouverture de la poste et de renvoyer des affaires, notamment les housses pour vélos que nous avons utilisé pour le train.

1er envoi de colis !


Nous faisons nos courses pour quelques jours, un ravitaillement en eau et nous repartons enfin sur nos vélos à Oulan Ude, sous le regard avisé de Lénine.

Il a un peu la grosse tête…

Nous effectuons nos premiers coups de pédales en Asie. Ces trois derniers jours en Russie nous plongent petit à petit dans une autre réalité et nous amènent nos premiers changements notamment concernant l’eau potable et l’état des routes.

Eau potable

A Irkutst déjà, l’eau du réseau n’était pas potable. Ainsi nos hôtes la faisaient bouillir avant de la boire. Mais en dehors de la ville, les habitants s’approvisionnent généralement directement via des sources, où l’eau est bien potable et bien fraîche !

Pas de soucis d’approvisionnement en demandant aux habitants, qui sont dans l’ensemble content d’aider. Néanmoins, le premier jour, on s’arrête dans un village pour demander de l’eau en début d’après midi. Un homme nous propose de l’aide et va demander de lui même aux voisins pour nous. Nous sommes heureux de rencontrer cette aide et de voir nos bouteilles revenir avec de l’eau bien fraîche. Le voisin nous rend les bouteilles, nous le remercions, remercions l’homme qui nous a aidé et celui-ci nous fait alors le signe qu’il veut être payé…
Paf, prend toi ça naïveté.

On repart un peu décontenancés.. Mais ça sera notre seule mésaventure de ce type.


Nous arrivons malgré tout dans des régions où les villages se raréfient. Nous n’avons donc pas toujours l’occasion de demander à des villageois. Ainsi, nous inaugurons notre filtre à eau un soir afin de nous assurer de l’eau potable. Nous sommes contents du résultat et le gardons sous le coude, cela va sûrement devenir de plus en plus nécessaire.

Etat des routes

Pour rejoindre la frontière Russo-Mongole, nous avons choisi de prendre la route secondaire pour éviter le trafic routier. Nous avons donc le plaisir de découvrir de magnifiques plaines, collines, forêts sur des routes qui ne se valent pas toutes ! La première partie est un régal car la route vient d’être refaite à neuf, et nous avons droit à des paysages fantastiques :


Les kilomètres défilent tout seuls sous nos roues, puis la route se dégrade un peu avec des nids de poule de plus en plus gros (en terme de taille « des bénitiers » seraient plus réalistes!). Puis nous trouvons des pistes, les premières sont en bon état et facilement praticables jusqu’à un tronçon de 50km qui nous en aura fait bavé entre pistes type « tôle ondulée », où il y a une succession de vaguelettes, avec un espacement constant, et pistes sableuses…
Nous sommes les plus heureux du monde lorsque nous retrouvons le goudron 80 bornes avant la frontière! Malgré tout nous ne regrettons pas notre choix. Ce sont nos premières pistes mais pas les dernières et la nature et les paysages en valaient le coup !


Passage de la frontière

Après 3 jours et demi en Bouriatie (ancienne région mongole en Russie), nous arrivons comme des fleurs face à la barrière de la frontière.
Un douanier arrive alors et très gentiment nous explique que nous ne pouvons pas passer la frontière en vélo. Il faut que nous soyons dans un véhicule pour passer la frontière.

Le « problème » étant connu, une dame nous fait signe dans la file des voitures et nous chargeons tout notre barda dans son minivan. Générosité pure ? Nous doutons un peu quand même.

Nous devons tout ressortir 200 m plus loin pour le contrôle du véhicule et des marchandises à la douane. Nous ne sortirons que les médicaments et ordonnances, sur leur demande. Le reste sera reniflé par des chiens, mais nous n’ouvrirons rien d’autre.
Dernière question à laquelle nous aurons le droit :
« -Vous avez de la drogue?
– Non
– Vous pouvez recharger la voiture!  »

On a l’impression de sortir 50 fois notre passeport pour qu’il soit contrôlé. Noëmi est flattée du temps que passe la douanière à nous reconnaître sur notre passeport! Nous sommes maintenant fins et bien bronzés ! 🙂

On ressort enfin côté Mongolie. Nous payons notre conductrice 20 000 tugrik pour la course (6,6 euros). On l’avait vu venir mais bon, c’est donnant donnant.

Premiers tours de roues mongoles

Il nous reste un peu plus de 20km à faire pour arriver à Sukhbaatar chez Sodbileg : La mongole que nous avions rencontré dans le transsibérien. Heureusement que la route est plate car il n’y a pas un seul arbre pour nous offrir de l’ombre et il fait plus de 30°C. Nous dégoulinons sur nos vélos. Sodbileg nous accueille chez ses parents.

Sukhbataar vu d’en haut


Nous découvrons ainsi une douche qui nous semble originale avec nos yeux d’Européens mais nous l’acceptons avec bonheur après ces quelques jours en plein cagnard.


La maman de Sodbileg nous cuisine des plats locaux à base de mouton, qui est la viande principale de la cuisine mongole.
Nous aurons ainsi le droit à mouton – pates, mouton – riz, soupe de mouton. Le tout est très bon car bien cuisiné, mais on se serai bien passé des cubes blanc 100% gras…
Le lait est aussi un ingrédient de base en Mongolie. Peu importe l’animal dont il provient. Ainsi, le thé au lait est la boisson traditionnelle la plus commune. C’est un thé salé, ce qui surprend quand nous ne sommes pas au courant mais auquel on s’habitue par la suite.

L’heure du thé

Nous profitons de ce jour de repos pour faire une lessive qui nous impressionne grandement à cause de la couleur de l’eau qui en ressort… Tout le sable et la poussière des derniers jours rassemblés dans une seule eau…

Miam !


Сайханы хөтөл


Nous prévoyons de repartir le lendemain, mais sommes retenus : il est trop tard pour partir, vous partirez demain ! Bon bah ok ! 😀

En fin d’après midi, la maman de Sobdileg profite de notre visite pour tous nous emmener sur un lieu chamanique à la frontière Russe d’où la vue est splendide.


Après une séance photo orchestrée par la maman, celle-ci nous donne des offrandes (du pain et des biscuits) à faire à la nature. Sodbileg, qui s’est convertie au catholicisme, n’y échappe pas non plus, et nous le faisons tous les trois de bon coeur.


Direction Oulan Baatar

Nous avons malgré tout un timing pour arriver à Oulan Baatar afin de pouvoir s’enregistrer auprès du centre de l’immigration dans les 7 jours ouvrés (même si il semblerait que ça ne soit pas très strict).

Lorsque l’on quitte Sodbileg et sa maman, il fait grand beau mais à peine quelques kilomètres après, nous nous retrouvons sous un gros orage qui nous donne toute l’eau qu’il peut offrir. Nous avions anticipé son arrivée en enfilant nos vêtements étanches sur le bord de la route et ne regrettons pas cette décision!

La Mongolie, ça mouille


Alors que nous commencions à chercher un lieu de bivouac, nous sommes accostés par un bus, qui s’arrête juste devant nous. Les adolescents à bord nous font signe de nous arrêter et nous entamons la conversation en Anglais avec le responsable, qui est un prêtre !
Il nous demande si on a besoin de quelque chose et nous invite à passer la nuit dans le bâtiment de la communauté catholique.


Une fois arrivés à Dharkan, 15km plus loin, nous sommes conviés à la messe de 18h. A son issue nous découvrons une chambre dans laquelle deux lits sont déjà fait à notre intention, la possibilité de prendre une douche chaude et les prêtres nous invitent à leur table pour le dîner.
Ils sont trois, de la confrérie Don Bosco, missionnés en Mongolie depuis maintenant plus de 10 ans et viennent du Vietnam, de Corée du Nord et d’Inde.

Steppes by steppes


Double anniversaire

Pour ce 14 août 2019, nous fêtons un double anniversaire : les 6 mois du projet et les 28 ans d’Antoine. Nous nous levons pleins d’optimisme et voulant vivre cette journée avec entrain.

Alentours de Dharkan


Nous faisons un stop à la grande statue de bouddha avant de quitter la ville et de partir à l’assaut de la route principale qu’on nous a promis périlleuse.

En effet celle-ci est en travaux par tronçons. Ainsi nous alternons routes goudronnées et pistes, plus ou moins bonnes en fonction des tronçons, longeant la route goudronnée fermée. En tant que cyclo, les ouvriers des chantiers nous acceptent sur la route même lorsqu’elle est fermée. Ainsi nous sommes escortés par un tractopelle, klaxonné par un camion de chantier pour que nous montions sur la route fermée. Nous alternerons ainsi jusqu’à Oulan Bator.


Sur cette route, nous croiserons beaucoup d’animaux en semi-liberté : vaches, chevaux, moutons et chèvres.


Pour cette nuit de double anniversaire nous avions pour projet de voler en parapente. Vers 16h nous trouvons une colline un peu plus grande que les autres, accessible, bien orientée : parfaite pour notre bivouac de rêve de double anniversaire !
Nous laissons quelques gouttes de sueurs pour y grimper mais Antoine y décolle en parapente! 😀


Et c’est à ce moment là que Murphy pointe le bout de son nez… Une mauvaise surprise n’arrivant jamais seule.

Une des suspentes de frein d’Antoine a cassée à l’atterrissage (rien de grave), un matelas a pris l’eau la veille à cause de la pluie d’hier et nous découvrons au loin un orage qui nous arrive droit dessus. Nous découvrons aussi que le sel n’a pas survécu aux pistes et s’est renversé dans la gamelle…

S’en suit une nuit où l’on a peu dormi entre sardines qui se font la malle avec le vent fort et pluie horizontale qui rentre par moment dans la tente…
Une bonne et belle nuit de double anniversaire!

Réveil difficile

Le lendemain matin la météo ne s’améliore que dans le sens qu’il ne pleut plus… On s’offre un café et des beignets à la viande (Huushuur) assis à une table au chaud, le tout pour moins de 5 euros. En effet le coût de la vie en Mongolie est bas comparé aux premiers pays visités durant ce voyage !

LA spécialité mongole !


Les beaux jours sont de retours et nous profitons de deux belles journées avec nuits calmes pour rejoindre Oulan Bator. Nous avons beau suivre un axe principal Mongole, il nous suffit de nous écarter juste un peu pour avoir le sentiment d’être perdu au milieu de la nature. La route étant elle même perdue au milieu de la nature!


Oulaan Baatar

Nous arrivons bien difficilement dans la capitale, après avoir pris une portion de route bien fermée (ça passe ? mais oui ça paaasssse).
Nous arrivons dans un trafic très dense, où les voies de bus nous permettent d’avancer quand même assez efficacement. Nous nous protégeons tant bien que mal le visage de la pollution avec nos tours de cou, et arriverons enfin chez notre hôte, Nyam.
C’est un cyclotouriste Mongol, qui a habité 11 ans en Allemagne et parle un anglais parfait. Il nous accueille avec un vrai goûter qui nous fait bien plaisir après nos 10 km de parcours dans la ville.

Il a déjà pas mal voyagé en Europe, dont en France, en Asie du sud est, au moyen orient. Bref nous ne manquerons pas de sujets de conversations durant ces 4 jours passés en sa compagnie.

18 août, nouvel anniversaire : celui de Noëmi ! Nous cuisinons pour l’occasion et partageons un très beau gâteau !